Derniers instants dans les Cantons de l’Est (Domaine Les Pervenches)

Dijon (France), 18 Octobre 2010, 20h00 (heure locale) ,14h00 (heure de Montréal)

150,53 km/5940,96 km-6h57/305h33

Il faut bien s’y résigner mais cela sent la fin des visites dans les vignobles

Retrouvaille avec la route du Pinnacle

Mercredi 29 Septembre (Day 106)

L’au revoir aux Cantons de l’Est approche. Ce matin je quitte Cowansville dans la matinée pour un retour en début d’après midi. A 10h00 je rejoins le vignoble de l’Orpailleur pour passer le bonjour à Charles-Henri de Coussergues et à la comptable du vignoble : Sylvie. L’accueil est chaleureux est c’est un plaisir de remettre les pieds ici après plus de 3 mois d’aventure. Le jour où nous prenions la photo de départ semble si loin. Nous jasons quelques instants tout les trois avant que Charles-Henri ne soit obligé de quitter pour un rendez-vous à Montréal. Je quitte à mon tour la place, quelques bouteilles dans la remorque.

Je reprends la route pour Cowansville. Je retrouve une dernière fois Amélie pour l’heure du lunch. En congé maternité elle s’occupe de son petit bout, plus ou moins loin du labo et du chai, tandis qu’Henry continue à gérer le domaine et les vendanges. Je prends enfin la route en début d’après-midi et lui dis un ultime au revoir. A 15h00 j’ai rendez-vous à Cowansville même avec Alain Bélanger un ami de Jean-Pierre COLAS.

Alain Bélanger est agent d’importation auprès des vignerons pour la SAQ ainsi qu’importateur privé.

Le rôle d’agent d’importation pourrait être considérée comme celui de commercial en vin. La seule différence avec le système français est qu’il est indépendant et qu’il se bat pour défendre des vins auprès de la SAQ afin que cette dernière inclut ces vins dans ses tablettes. Un article sur la Société des Alcools du Québec sera bientôt en ligne, mais pour comprendre la SAQ gère elle-même une grande majorité de ses choix de produits mis en vente, mais pour se faire aider et pour que les vignerons étrangers soient aidés, l’agent d’importation apporte son expertise à la société et sa connaissance du système du monopole d’état aux vignerons.

Le rôle d’importateur privé pourrait quant à lui correspondre à celui de caviste mais sans « bas de porte ». La job d’Alain lui permet de constituer un catalogue qu’il pourra alors présenter à ses clients. Ses vins ne sont ni disponible dans un magasin privé, ni dans une succursale de la SAQ, mais dans un entrepôt de la SAQ. Le client de l’importateur privé réglera alors sa note à la Société. Ai-je été clair ? Pour plus d’information consulter son site ALAIN BELANGER.

Chaleureux et convivial nous jaserons quelque temps autour de son parcours de sommelier (médaille de bronze au Meilleur sommelier du monde 2000), de ses essais à la vigne au début des années 90, et des ses projets futurs. Autrefois découragé par ce que le Québec pouvait produire, il a repris espoir ces dernières années grâce aux efforts de certains et à l’émergence de nouvelles techniques culturales. Je le quitte, heureux de l’avoir rencontré. Alain fait parti de ces gens du fin de parcours qui me donnent envie de revenir : « Si jamais tu repasses dans le coin, on prendra plus de temps… » Avec plaisir…

De nouveau en selle, je prends cette fois ci la route de Frelighsburg pour mes retrouvailles avec Evelyne et Valérie sa colocatrice. Je refais donc une dernière fois la route entre Cowansville et Dunham. Au détour d’une crevaison et d’une rectification d’itinéraire, j’arrive au bord de la frontière avec les USA, si près des Adirondack. Evelyne et Valérie arrivent un peu plus tard dans la soirée. Le souper est l’occasion de jaser de nos étés respectifs. Evelyne ayant quitté le Dura Club, elle enseigne à présent à Saint Hyacinthe à l’ITA (Institut Technique Agricole). Quand à Valérie elle est toujours au Dura Club en conseils agro auprès des grandes cultures. Je leur partage mes 6000 km dans les pattes, heureux de pouvoir retrouver ceux qui ont soutenu le début du projet m’offrant au-delà de leurs expertises scientifiques, un environnement social courant parfois jusqu’à Québec. Si ça à pas d’allure ça…

Jeudi 30 Septembre (Day 107)

84,15 km/5940,96 km-3h47/305h33

L’au revoir au petit matin, Evelyne s’en retourne à son nouveau poste d’enseignant à Saint Hyacinthe , à une heure de route d’ici. De mon côté je donne mon départ tout aussi tôt. Ainsi à 8h00 je suis de nouveau en route. Ayant eu un message la veille du domaine des Pervenches, je fais le détour avant de prendre définitivement la route de Havelock. La journée s’annonce pluvieuse, et à peine en selle, je dois me confronter au défi du climat. Alors qu’il y a 4 mois je découvrais les cantons de l’est sous la pluie, je les quitte dans les mêmes conditions.

Sur la route je passe par le domaine du Ridge pour passer le bonjour à Matthieu Marciniak, rencontré au début du projet, ancien étudiant de Brock (Niagara, Ontario) et actuellement le nouveau chef de culture et maître de chai du domaine de Denis Paradis. Je m’arrête plus de temps que prévu, on jase, et Matthieu est accompagné d’un autre français, Jérôme, dîplomé de l’ENESAD (AgroSup Dijon). Au cours de la discussion on vient à parler de Jacques Hérody. Jérôme a son contact, et me fait part des travaux effectués avec lui, ainsi que de la présence d’un associé sur le sol québécois.

Après le Ridge, direction plein nord peu avant le village de Farnham. Arrivé au domaine les Pervenches, je rencontre Mike, le viticulteur. Il est québécois mais a fait ses classes à l’école d’agro de Purpan, la même que celle de la sœur de ma blonde. Nous jaserons de son domaine planté en Chardonnay, Maréchal Foch, Frontenac. Certifié Ecocert (Biologique) et Demeter (Biodynamie), son but à lui n’est pas seulement d’être certifié pour être certifié. Toujours en recherche il multiplie les expériences sur ses 3 ha de vignes, et dans sa cave. Contrairement à d’autres dans les cantons, il cherche à maîtriser son vignoble plutôt que de l’agrandir. Tout n’est pas encore maîtrisé, mais ses vins font aujourd’hui parti des québécois reconnus par la profession. En cave il me montre ses expériences. Ses tentatives de vins naturels (sans sulfites ni levures sélectionnées) sont en cours avec toujours une cuve témoins en procédé conventionnel (avec sulfites et levures sélectionnés). Il n’est pas question pour lui de perdre sa récolte en prenant trop de risques. La solution reste une présence en cave rigoureuse, comme il peut être présent dans ses vignes aux moments les plus demandant. Une petite accalmie permet de nous aventurer dans la vigne.

A mon sens Mike est un exemple parmi les 17 vignobles de la région de Brome Missisquoi. Menant son affaire de A-Z, du sol jusqu’au vin, il réussit là où d’autres tentent de faire plus d’une grappe par pieds. Avant de nous quitter je suis invité à prendre un café, tout en évoquant notre ami Jean-Pierre COLAS, rencontré à Niagara.

La pluie m’attend encore. Je pédale jusqu’à Bedford pour y manger. A 13h30 je me résouds à rejoindre Havelock quelque 70 km plus loin. Pluie battante je n’ai pas froid, mais la seule chose qui pourrait me perdre serait une crevaison. Alors que j’ai multiplié les réparations depuis le Vermont, je n’ai plus de chambre à air en extra ce qui m’oblige à réparer à la rustine. Malheureusement à 40 km de mon point d’arrivée, je crève. Impossible de coller une rustine dans ces conditions. La sûreté du Québec (Police) arrivant, elle ne compte pas me laisser ainsi au bord de la route. Je téléphone alors à Jean Joly qui « dans sa grande bonté » vient me chercher. La pluie bat son plein, et l’effet sur le pare brise et beaucoup plus impressionnant du fait de la vitesse. J’imagine alors tous les automobilistes qui m’ont croisé, bien au chaud dans leur truck, sacrant à mon sujet. » Stie de cycliste, ç’a pas d’bon sen de rouler par ce criss de temps ».

Arrivé au vignoble de Marathonien, la douche est bienvenue. Je fais la rencontre de Thibaut, suisse en stage au vignoble, et je retrouve Line. Bien réchauffé et avant que le souper ne soit servi, je pars en cave pour la mise en cuve de la vendange de Frontenac fraîchement débarquée d’un vignoble voisin. Une fois de plus j’avais été chanceux, mon coup de téléphone a eu lieu peu de temps avant qu’ils commencent la tâche. Les ayant dérangé il est tout naturel que je mette la main à la pâte.

Autour du souper soirée conviviale. On partage sur ce qui s’est passé depuis notre dernière rencontre. Demain j’aurai l’honneur de mettre à nouveau à profit ma présence. Après tout ces kilomètres…

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